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MENA Rights Group dénonce l'instrumentalisation de l'antiterrorisme en Algérie

  • cfda47
  • 8 juil. 2025
  • 2 min de lecture

L'Algérie dispose aujourd'hui d'un arsenal juridique de plus en plus répressif qui inquiète les défenseurs des droits humains. Près de 250 détenus d'opinion croupissent actuellement dans les prisons algériennes, dont une grande partie a été poursuivie pour des accusations de "terrorisme" sur la base de l'article 87 bis du Code pénal.


Cette disposition légale, qui prévoit le crime d'apologie du terrorisme, fait l'objet de vives critiques de la part des organisations internationales. “L'article 87 bis prévoit toujours le crime d'apologie du terrorisme, qui peut être utilisé pour réprimer des actes relevant de la liberté d'expression”, dénonce Alexis Thiry, conseiller juridique au sein de l'ONG MENA Rights Group.


L'usage détourné de cette législation antiterroriste s'est particulièrement développé depuis la répression qui a suivi le Hirak, ce vaste mouvement de protestation qui a chassé Abdelaziz Bouteflika du pouvoir en 2019. Les autorités algériennes ont progressivement durci leur approche judiciaire face aux voix dissidentes.


Une stratégie judiciaire qui se durcit

L'évolution des pratiques répressives algériennes révèle une stratégie délibérée de l'État. “En 2020, au début de la répression qui a suivi le Hirak, la justice algérienne recourait surtout aux poursuites pour délits, avec des affaires jugées assez rapidement”, explique Alexis Thiry.

“Mais elle utilise de plus en plus les accusations de terrorisme, ce qui permet de maintenir les gens plus longtemps en détention provisoire et prolonger les procédures.”

Cette escalade répressive s'accompagne d'un élargissement préoccupant des cibles. En février 2022, deux organisations ont été inscrites dans la liste nationale de personnes et entités terroristes : le mouvement islamiste Rachad et le Mouvement d'autodétermination de la Kabylie (MAK)


Vous pouvez figurer dans cette liste en l'absence de jugement final. La commission en charge de cette liste, dont la plupart des membres sont issus des organes sécuritaires de l'État, est entièrement soumise à l'exécutif et ne peut nullement être qualifiée d'indépendante”, précise le conseiller juridique de Mena Rights Group.


Cette absence d'indépendance judiciaire constitue une violation flagrante des standards internationaux en matière de droits humains. Les organisations de défense des droits de l'homme alertent depuis longtemps sur cette dérive autoritaire qui transforme la lutte antiterroriste en instrument de répression politique.


L'article 87 bis du Code pénal algérien devient ainsi un outil privilégié pour faire taire l'opposition. Sa formulation vague permet aux autorités de qualifier d'apologie du terrorisme des propos qui relèvent en réalité de l'exercice légitime de la liberté d'expression. Cette instrumentalisation de la justice contrevient aux obligations internationales de l'Algérie en matière de droits humains et libertés fondamentales.


L'impact de cette répression dépasse le simple cadre judiciaire. Elle crée un climat de peur qui dissuade les citoyens de s'exprimer librement et participe à l'étouffement de la société civile algérienne. Les défenseurs des droits humains, journalistes, militants politiques et simples citoyens engagés vivent sous la menace constante de poursuites pour terrorisme.


MENA Rights Group continue d'alerter sur l'évolution préoccupante du cadre juridique algérien. L'organisation appelle la communauté internationale à maintenir la pression sur Alger pour que le pays respecte ses engagements en matière de droits humains et cesse d'utiliser la législation antiterroriste comme instrument de répression politique.


Amine B.

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