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Migration : Alger et Berlin relancent un protocole d'éloignement vieux de 29 ans

  • il y a 11 heures
  • 2 min de lecture
Photo: ©Présidence de la République Algérienne 
Photo: ©Présidence de la République Algérienne 

La déclaration signée à Berlin cite un protocole de réadmission qui date de la décennie noire. Rien, en revanche, sur l'asile ni sur ce que deviennent les personnes renvoyées.


Le 14 février 1997, l'Algérie vivait l'une des années les plus sanglantes de sa guerre civile. C'est la date que porte le protocole algéro-allemand « sur l'identification et l'admission » des ressortissants, cité noir sur blanc, avec sa date, dans la déclaration commune signée jeudi 16 juillet à Berlin par Abdelmadjid Tebboune et Friedrich Merz. Un accord conclu à une époque où des Algériens étaient renvoyés vers un pays à feu et à sang se retrouve donc, vingt-neuf ans plus tard, validé par les deux chefs d'État en personne.


Le passage qui en parle ferme la déclaration. Les deux gouvernements y saluent « la qualité de leur coopération » sur la migration, l'éloignement, la réadmission et la réinsertion, promettent de poursuivre leur « bonne coopération » dans le cadre du protocole de 1997 et de développer cette coopération « le cas échéant ». Trois lignes de jargon pour une chose très simple, Alger accepte de reconnaître les siens quand Berlin veut les expulser. Sans ce feu vert consulaire, aucune expulsion n'aboutit. Le texte confirme que la mécanique tourne, et c'est bien ce que l'Allemagne voulait voir écrit au plus haut niveau.


Cette insistance s'explique d'abord par la politique intérieure allemande. Depuis qu'il est chancelier, en 2025, Friedrich Merz a fait des expulsions une promesse phare de sa coalition, et les pays du Maghreb sont de ceux dont Berlin attend des papiers consulaires plus vite. La signature du président algérien sur un texte qui ne figure même pas dans la liste des accords bilatéraux publiée par la diplomatie allemande vaut, pour le chancelier, bien plus que sa portée juridique réelle.


Ce que le passage ne dit pas compte autant que ce qu'il dit. Pas un mot sur l'asile, rien sur l'interdiction de renvoyer quelqu'un vers un pays où il risque gros, aucun droit de recours, alors que le début de la même déclaration affiche l'attachement des deux États « à la protection des droits de l'homme et des principes humanitaires ». La « réinsertion » promise ne repose sur aucun dispositif décrit, aucun argent fléché, aucun suivi des gens une fois rentrés. Et la suite se discutera entre administrations, loin des parlements. Les associations de défense des étrangers avaient relevé les mêmes trous dans les accords migratoires passés par l'Union européenne avec Tunis en 2023, puis avec Le Caire et Nouakchott en 2024, des engagements de retour très précis d'un côté, des garanties introuvables de l'autre.


Amine B.


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