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Réconciliation ou rappel à l’ordre ? Tebboune propose le pardon… à condition de “ne plus récidiver”

  • cfda47
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Dans un discours qui se veut conciliateur, le président Abdelmadjid Tebboune a lancé un appel inédit à l’adresse des jeunes Algériens établis à l’étranger, en particulier ceux qui hésitent à rentrer au pays par crainte de poursuites judiciaires ou de représailles politiques. Évoquant une forme de “Paix des braves”, le chef de l’État a proposé une grâce conditionnelle à ceux qui accepteraient de tourner la page et de s’engager à “ne plus récidiver”.


Cette initiative vise explicitement les jeunes expatriés impliqués, de près ou de loin, dans des actions contestataires durant les années du Hirak ou dans des affaires liées à l’expression politique sur les réseaux sociaux.


Tebboune affirme vouloir offrir une “porte de retour” à ceux qui, selon lui, auraient été “manipulés” ou “entraînés dans des dérives”, tout en rappelant que l’État reste souverain et ne tolérera pas de nouvelles infractions. Le message se veut à la fois rassurant et ferme : la main est tendue, mais les conditions sont strictes.


Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de reconquête de la diaspora, devenue ces dernières années un espace d’expression critique difficile à contrôler. Le pouvoir algérien accuse régulièrement des acteurs étrangers d’instrumentaliser les expatriés pour alimenter des “campagnes hostiles” contre l’Algérie.


En proposant une forme de réconciliation, Tebboune cherche à affaiblir cette contestation extérieure tout en réaffirmant l’autorité de l’État.


L’appel porte également une dimension symbolique forte. Il suggère une réintégration possible des “résistants de la diaspora”, mais au prix d’une reconnaissance implicite de leurs torts.


Pour certains observateurs, cette logique ressemble davantage à une demande d’allégeance qu’à une véritable ouverture politique. Pour les jeunes concernés, la proposition soulève des interrogations : la notion de “récidive” reste floue, les garanties juridiques limitées, et la confiance envers les institutions demeure fragile.


Reste à savoir si cette offre, mêlant apaisement et contrôle, parviendra à convaincre une diaspora dont une partie continue de se méfier des promesses de retour sans conséquences. Entre volonté affichée de réconciliation et stratégie de neutralisation de la critique, le message de Tebboune ouvre un nouveau chapitre dans la relation complexe entre l’État algérien et ses ressortissants à l’étranger.


Nadia B

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