Sous scellés depuis mars : l'ONU demande la levée de la fermeture de SOS Disparus
- 15 mai
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Dernière mise à jour : 19 mai

Trois mois après la mise sous scellés des locaux de SOS Disparus, le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées hausse le ton. Dans une déclaration rendue publique depuis Genève, ses cinq membres et deux rapporteurs spéciaux disent leur « vive inquiétude » face à la répression visant la société civile algérienne, et réclament la libération immédiate de Rachid Ben Nakhla, présumé arrêté en avril 2026 et dont le sort reste inconnu.
Le cas Ben Nakhla concentre les craintes. Les experts évoquent une détention au secret, soit la rétention d'une personne sans que les autorités ne reconnaissent l'arrestation ni n'indiquent le lieu de privation de liberté. Trois autres noms reviennent dans le texte onusien, Hamza Tellaa, Samia Bekouche et Slimane Hamitouche. Tous arrêtés sans mandat, tous depuis libérés, tous proches de victimes de disparition forcée ou militants d'organisations qui cherchent à retrouver la trace des disparus de la décennie noire.
« Lorsque des agents de l'État refusent de reconnaître qu'une personne est détenue, ou dissimulent délibérément son sort ou le lieu où elle se trouve, de tels actes constituent une disparition forcée, même pour une courte durée », avertissent les experts dans leur déclaration.
La présidente-rapporteuse du Groupe de travail, Gabriella Citroni, signe le texte aux côtés de Grażyna Baranowska, Aua Baldé, Ana Lorena Delgadillo Pérez et Mohammed Al-Obaidi. Le rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, de la justice et de la réparation, Bernard Duhaime, et la rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Andrea Bolaños Vargas, cosignent.
Le 16 mars 2026, les autorités algériennes avaient procédé à la fermeture et à la mise sous scellés des locaux de SOS Disparus, l'association locale du Collectif des familles de disparu·e·s en Algérie (CFDA), au motif d'absence d'autorisation préalable. Les experts onusiens regrettent que de telles restrictions « puissent empêcher concrètement les familles de personnes disparues de se réunir, de s'organiser et de mener des activités liées aux disparitions forcées ».
L'interdiction des disparitions forcées en droit international est qualifiée d'absolue et impérative, entraînant une obligation non dérogeable d'enquêter et de poursuivre les responsables. Aucune circonstance, aucun état d'exception, aucune menace ne peut justifier la pratique. C'est le seuil que les experts opposent à Alger.
« Les familles des personnes disparues de force ont droit à la vérité. Toute entrave à ce droit aggrave leurs souffrances et exerce un effet dissuasif sur l'ensemble de la société civile », ont déclaré les experts.
Le texte appelle au plein respect des garanties procédurales fondamentales, à la fin des restrictions et représailles visant les membres du CFDA et de SOS Disparus, à la levée de la fermeture des locaux et à la mise à disposition de recours effectifs pour contester la légalité des mesures prises. Les experts indiquent être en contact avec le gouvernement algérien sur l'ensemble des allégations.
Amine B



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