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Crise des droits humains en Algérie : associations et collectifs dénoncent une dérive autoritaire

  • il y a 9 minutes
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La fermeture soudaine du siège de l’association SOS Disparus, le 16 mars 2026 à Alger, a suscité une vive indignation parmi les organisations de défense des droits humains. Le Groupe de solidarité Algérie, soutenu par plusieurs collectifs et associations, dénonce une décision « arbitraire » qui marque, selon eux, une nouvelle escalade dans la répression visant la société civile indépendante.


L’opération, menée par un important dispositif sécuritaire accompagné de représentants des autorités locales, fait suite à une décision administrative datée du 12 mars. Elle intervient après une réunion tenue le 10 mars, réunissant plusieurs hauts responsables administratifs et sécuritaires. Pour les organisations signataires, cette fermeture constitue une violation flagrante de la liberté d’association, pourtant garantie par les engagements internationaux de l’Algérie.


Depuis plus de vingt ans, SOS Disparus représente un espace vital pour les familles de victimes de disparitions forcées. L’association documente les violations, préserve la mémoire collective et accompagne les familles dans leur quête de vérité, de justice et de réparation. La fermeture de son siège prive ces familles d’un lieu essentiel d’organisation et de soutien, et s’inscrit, selon le communiqué, dans une stratégie plus large d’effacement de la mémoire des disparitions forcées.


Cette décision intervient également dans un contexte marqué par l’interdiction faite à Nassera Dutour, présidente de l’association, de regagner le territoire national. Les organisations dénoncent une mesure « arbitraire » et rappellent que le droit d’entrer dans son propre pays est un droit fondamental.


Le même jour, cinq familles de disparus participant à leur rassemblement hebdomadaire pacifique ont été contraintes de monter dans un bus de police malgré leur refus. Emmenées au siège de l’association puis sommées de quitter les lieux, elles ont finalement été conduites au commissariat de Cavaignac, où elles ont été interrogées avant d’être relâchées. L’un des participants, Slimane Hamitouche, séparé du groupe et emmené vers une destination inconnue, a été libéré dans l’après-midi. Pour les organisations, ces pratiques relèvent clairement de l’intimidation et visent à réduire au silence les familles de victimes.


Les signataires estiment que ces mesures traduisent une volonté persistante des autorités algériennes de neutraliser les espaces indépendants de revendication et de bloquer toute démarche de vérité et de justice concernant les disparitions forcées. Ils exigent la réouverture immédiate du siège de SOS Disparus, la fin du harcèlement contre les familles, la localisation de toute personne détenue ou disparue, ainsi que la levée des mesures visant Nassera Dutour.


Le communiqué est signé par Riposte internationale, le Collectif de sauvegarde de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (CS-LADDH), l’Alliance Transméditerranéenne des Femmes Algériennes (ATFA), le Collectif des familles de disparu·e·s en Algérie (CFDA), la Fondation pour la Promotion des Droits (FPRA) et Libertés Algérie. Ensemble, ils appellent la communauté internationale et les mécanismes des Nations unies à se saisir de cette situation et à exercer les pressions nécessaires pour mettre fin à ces violations graves des droits humains.


Yacine M

 
 
 
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