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Gouverner par le ventre : les limites d’un système à bout de souffle

  • cfda47
  • 14 janv.
  • 2 min de lecture

Depuis quelques mois, voire quelques années, les conseils des ministres, les réunions du gouvernement les discours de Abdelmadjid Tebboune se ressemblent : ils tournent en gros autour de la mercuriale, des prix des produits alimentaires, de la disponibilité de l’huile, du sucre et de la semoule et, à de rares occasions, on discute de la présence ou non de la monnaie dans les postes et les banques. Pas de décision stratégique, ni de vision lointaine qui pourra mettre le pays sur les rails. Pire, pas de menu politique -ou très rare- comme si les Algériens doivent vivre indéfiniment, du pain et du lait.


Faire des Algériens un simple tube digestif semble être le seul projet que conduit le pouvoir algérien actuellement. Quasiment tous les jours, les médias du pays, à commencer par ceux qui sont financés par l’argent public, rapportent ces décisions « prises » par le chef de l’Etat ou adoptées en conseil des ministres qui vont « remplir » le ventre des Algériens. De « l’aide aux plus démunis », jusqu’à « la préservation du pouvoir d’achat » en passant par de lourdes peines contre « ceux qui se jouent avec le pain des algériens ».


Pourtant, ce ne sont pas les problèmes  ou les préoccupations qui manquent. A commencer par la situation politique du pays qui est plombée depuis des années ; par la volonté d’un pouvoir qui a pris tous les leviers de la décision, les partis politiques de l’opposition sont réduits à des activités organisées dans leurs bureaux. Pire, certaines figures politiques, à l’image de Karim Tabbou, Fethi Ghares, Mohcine Belabbas et d’autres sont ligotés par d’interminables procès, des condamnations à la chaîne et des contrôles judiciaires sans limite. Une épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête, qui les menace en permanence. Inutile d’évoquer, dans ce cas, les libertés fondamentales : le pays vit sa pire période autoritaire depuis la mort de Houari Boumediène en 1978.


Dans le lot des problèmes que le pouvoir doit régler en urgence, la situation des Finances publiques occupe le haut du pavé. Sans être un économiste chevronné, il suffit de lire le projet de la loi de Finances 2026 pour se rendre compte que les comptes de l’Etat virent au rouge : désormais, le déficit du budget de l’Etat dépasse 50%. Plus simplement, il manque la moitié des dépenses que l’Etat doit consentir pour faire face aux besoins du pays. D’habitude, ce manque, minime à un moment donné, est comblé par le Fond de régulation des recettes, FRR, constitué des excédents tirés de la vente des hydrocarbures du temps où les prix du gaz et du pétrole étaient élevés. Mais ce n’est plus le cas désormais. Le FRR est vide. La planche à billet, un recours ultime en temps de disette, ne peut plus venir au secours des dirigeants parce qu’elle pose un vrai problème de risque inflationniste. A cela, s’ajoutent de nouveaux engagements sociaux, donc des dépenses supplémentaires.


Et la solution ? Au lieu de la chercher, le pouvoir tourne en rond ! Il est incapable de faire preuve d’imagination afin de trouver des voies de sorties pour toutes ces impasses !


Essaïd Wakli

 

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