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Le RCD dénonce des promesses d’ouverture qui masquent une politique de fermeture

23 juil.
3 min de lecture

Le 23 juillet 2026, le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), Atmane Mazouz, a rendu publique une lettre ouverte qui résonne comme un rappel à l’ordre adressé au chef de l’État. Quelques jours plus tôt, à Berlin, Abdelmadjid Tebboune affirmait que les opposants établis à l’étranger étaient « les bienvenus en Algérie ». Une déclaration qui, en apparence, se voulait apaisante. Mais elle se heurte à une réalité que nul ne peut ignorer : depuis son arrivée au pouvoir en 2019, les libertés fondamentales ont été méthodiquement restreintes, et le lien entre l’État et sa diaspora s’est fragilisé au point de devenir un sujet de préoccupation nationale.


Le communiqué du RCD rappelle que le droit de revenir dans son propre pays est un droit fondamental, non négociable, garanti par la Constitution et par les conventions internationales. Pourtant, de nombreux Algériens vivant à l’étranger ne peuvent plus exercer ce droit sans craindre d’être refoulés, arrêtés ou poursuivis pour des opinions exprimées pacifiquement. Les cas de refoulement ou d’entraves à l’entrée sur le territoire se sont multipliés : le journaliste Farid Alilat empêché d’entrer en Algérie; Nassera Dutour, figure emblématique du combat pour les disparus, confrontée à des obstacles administratifs a été refoulée de l’aéroport d’Alger; et plusieurs membres de la diaspora arrêtés dès leur arrivée, parfois emprisonnés pour des publications anciennes ou des prises de position politiques exprimées hors du pays.


Ces situations ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une politique plus large de contrôle de la mobilité, qui s’est intensifiée depuis 2019. Les interdictions de sortie du territoire (IST), souvent prononcées sans décision judiciaire, sont devenues un outil de pression systématique. Militants, journalistes, universitaires, entrepreneurs ou simples citoyens se voient empêchés de voyager, de travailler, de se soigner ou de rejoindre leur famille. À cela s’ajoutent les obstacles à la délivrance ou au renouvellement des documents de voyage, les menaces de poursuites pour des opinions exprimées en ligne, et la criminalisation de l’expression politique pacifique via des dispositions liberticides comme l’article 87 bis.


Depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir, les organisations de défense des droits humains — dont Human Rights Watch, Amnesty International et MENA Rights Group — documentent une régression profonde des libertés publiques. Arrestations arbitraires, procès politiques, absence d’indépendance judiciaire, surveillance numérique, intimidation des journalistes et des défenseurs des droits humains : le climat est devenu étouffant, et la diaspora en paie le prix.


Le RCD souligne que cette diaspora, loin d’être une menace, constitue une richesse exceptionnelle pour le pays : compétences, réseaux, investissements, influence culturelle et scientifique. Pourtant, elle est souvent perçue par le pouvoir comme un foyer d’opposition, un espace incontrôlable, un risque politique. Cette suspicion nourrit une fracture dangereuse entre l’État et des millions de citoyens qui, malgré l’éloignement, restent profondément attachés à l’Algérie.


La lettre ouverte appelle les autorités à transformer les paroles en actes : lever les interdictions arbitraires d’entrée et de sortie du territoire, garantir la libre délivrance des documents administratifs, abroger les lois liberticides, mettre fin à la criminalisation de l’opinion, libérer les détenus d’opinion et assurer que nul ne sera inquiété pour ses idées. Pour le RCD, la réconciliation entre l’État et ses citoyens passe par la restauration des libertés fondamentales et du pluralisme politique.


Le véritable patriotisme, rappelle Mazouz, ne consiste pas à exiger le silence, mais à permettre à chaque Algérienne et à chaque Algérien de participer librement à la construction de l’avenir commun. L’Algérie ne regagnera la confiance de ses enfants que lorsqu’aucun d’entre eux ne craindra de franchir ses frontières, d’exprimer ses convictions ou de prendre part au débat national. C’est cette Algérie de liberté, de citoyenneté et d’État de droit que le RCD affirme vouloir défendre avec constance et détermination.


Nadia B

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