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Une ONG demande aux autorités algériennes des garanties au retour des exilés

  • il y a 20 heures
  • 2 min de lecture

Le récent appel du président algérien Abdelmadjid Tebboune invitant les Algériens établis à l’étranger à rentrer au pays en échange d’un engagement de « non-récidive » continue de susciter de vives réactions. Dans un rapport publié le vendredi 21 février, le Centre du Caire pour les études des Droits de l’Homme estime que cette initiative manque de crédibilité en l’absence de garanties concrètes protégeant les personnes concernées.


Selon l’organisation, un tel appel, dépourvu de mécanismes de protection, risque d’exposer les exilés à des représailles, plutôt que de faciliter leur retour « dans la sécurité et la dignité ». Le rapport souligne que ce risque est d’autant plus élevé que de nombreux militants, journalistes et opposants vivant à l’étranger ont fait l’objet de poursuites judiciaires ou de condamnations par contumace, souvent pour des activités qualifiées de pacifiques.


Le Centre rappelle qu’en 2024, il avait déjà documenté l’usage extensif des lois liées à la sécurité nationale et à la lutte contre le terrorisme pour criminaliser l’expression pacifique, entraver la création d’associations et justifier des poursuites transfrontalières. Cette stratégie, selon l’ONG, s’inscrit dans un discours officiel qui assimile régulièrement l’opposition à une menace extérieure, comme en témoignent les références récurrentes du président Tebboune aux « informateurs » et à la « trahison ».


Le rapport cite plusieurs cas emblématiques illustrant ces dérives :


Mustapha Bendjama, journaliste condamné à une peine de prison pour un simple article ;

Mohamed Tadjadit, militant toujours détenu ;

Nassera Dutour, figure de la société civile, empêchée d’entrer en Algérie de manière jugée arbitraire.


Pour l’ONG, ces exemples démontrent que les garanties offertes aux Algériens de la diaspora restent largement insuffisantes tant que des réformes structurelles ne sont pas engagées. Elle appelle notamment à :


• la protection contre les arrestations arbitraires ;

• l’annulation des condamnations injustes ;

• l’assurance qu’aucun citoyen ne sera poursuivi pour avoir exercé pacifiquement ses droits fondamentaux ;

• l’adoption d’une amnistie générale couvrant toutes les personnes condamnées pour des activités d’expression, de réunion, d’association, de presse ou syndicales.


L’appel présidentiel s’inscrit dans la politique dite de « lem echaml » (« la réunion »), censée favoriser la réconciliation nationale. Tebboune a invité les Algériens « égarés » à l’étranger à revenir, à condition de renoncer à leurs engagements passés. Mais de nombreuses personnalités exilées ont déjà fait savoir qu’elles ne répondront pas favorablement à cette invitation sans garanties solides concernant leurs libertés publiques et leur sécurité juridique.


Cette divergence entre discours officiel et réalité judiciaire met en lumière les tensions persistantes autour de la question des libertés en Algérie, et souligne la méfiance durable d’une partie de la diaspora vis-à-vis des initiatives gouvernementales.


Essaïd Wakli


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